:: Définir la violence:: :: Communication:: :: Délégués de classe::


.: Quelques idées pour aider à définir...

La violence est différente de :


- l’agressivité
On peut être agressif lorsqu’on est en colère contre quelqu’un sans pour autant manifester des signes de violence envers cette personne. L’agressivité peut représenter une forme de combativité, d’affirmation de soi. Elle n’est pas forcément dirigée contre une personne.


- la force
Lorsqu’on parle de quelqu’un de fort, on peut faire référence à la force physique d’une personne sans forcément qu’elle utilise cette force de manière violente.
La force peut également faire référence au courage, à la détermination d’une personne et non en terme de violence (par exemple la force de caractère).


- la combativité
La combativité est une manière d’aller de l’avant, de ne pas se laisser abattre par les tracas de la vie, de dépasser ses limites. Ce n’est pas forcément faire preuve de violence.


- le conflit
Dans les relations interpersonnelles comme dans les relations internationales, des conflits peuvent apparaître lorsque les avis, les opinions sont différents. Le conflit peut donc être considéré comme le résultat de la confrontation des besoins, des intérêts et des valeurs. Le conflit, finalement, c’est être en désaccord avec quelqu’un.

Trop souvent le conflit est assimilé à la violence, ce qui est une erreur. La violence provient d’un conflit (entre deux personnes, entre deux nations …) mais tout conflit ne débouche pas sur de la violence.

Le conflit peut être positif. Il permet de dire les choses, d’être entendu et d’entendre ce que l’autre a à dire. Il peut donc amener des changements et être constructif pour les personnes. Il fait partie du quotidien.



Pourquoi devient-on violent ?

Il y a violence lorsqu’on a causé un préjudice ou un dommage à quelqu’un
La violence peut être auto infligée ou dirigée vers un groupe ou un individu.
La violence peut avoir des causes économiques, sociales, politiques, religieuses, culturelles …

La violence est un échec de la communication. Pour certaines personnes, la violence représente le dernier moyen d’exprimer ses sentiments, son mal-être.

La violence représente une atteinte à l’intégrité physique et psychique d’une personne. C’est tout ce qui va porter atteinte à une personne à travers les coups, les mots, les contraintes. La violence peut être vue comme un acte de brutalité.
Il existe différentes formes de violence : verbale, physique, psychologique, économique, sexuelle, sociale …

Mais la violence peut varier en fonction de nombreux critères. En fonction de la personne, de l’époque, des circonstances …, un acte sera considéré ou non comme violent. Il peut également arriver qu’une personne ressente comme violent un geste ou un comportement qui ne l’est pas pour son auteur.
La nature de l’acte porté et les limites de la personne qui va subir cet acte vont donc déterminer la violence ou non de l’atteinte.

La violence commence dès qu’une personne se sent humiliée, atteinte dans sa propre personne de manière directe ou indirecte (par exemple en s’attaquant à des objets ou des animaux qui lui sont chers).






.: La communication non-violente,



Une manière de résoudre les conflits encore peu connue


La communication non-violente est une méthode développée par Marshall Rosenberg, docteur en psychologie clinique. Cet outil de communication simple et structuré, principalement verbal, permet de faciliter et d’enrichir les relations humaines. Il s’adresse à toute personne souhaitant améliorer sa relation avec soi-même et avec les autres. Il est souvent utilisé pour résoudre des conflits entre les personnes dans les écoles, les entreprises, la famille, le milieu de la santé, les prisons ... et améliorer leurs relations.

Cette méthode a été mise au point il y a environ 40 ans et fait l’objet d’une marque déposée dont les droits sont détenus par un organisme sans but lucratif situé en Californie (Center for Nonviolent Communication). A l’heure actuelle, des formateurs et praticiens de la CNV interviennent partout dans le monde …

Pour Rosenberg, dans la vie courante, nous avons de mauvaises habitudes qui consistent à porter l’attention sur l’Autre pour le classer, l’analyser, l’évaluer … Qui n’a jamais mis une étiquette sur quelqu’un, dénigré, émis des reproches ou insulté une personne lors d’un conflit, d’une dispute ?

La technique de communication non violente créée par Rosenberg nous incite à parler en « je » plutôt qu’en « tu », à chercher la responsabilité de nos actes, de nos sentiments et émotions. Finalement, il propose de se recentrer sur soi, plutôt que d’accuser l’autre, en identifiant dans notre vocabulaire les mauvaises habitudes de communication.

La communication non violente accorde une grande importance à l’empathie. Celle-ci permet d’accorder, dans la conversation, le temps et l’espace dont l’autre a besoin pour s’exprimer et se sentir compris.




Le processus de communication non violente se déroule en 4 étapes :



1. observer

Il s’agit d’observer objectivement sans juger ni déformer. Cela implique une attitude de non jugement et de respect mutuel.
Chacun d’entre nous doit chercher ce qui, dans les paroles ou les actes de l’autre, contribue à son bien-être ou à son mal-être personnel.


2. identifier

Reconnaître les sentiments éprouvés lors d’une situation conflictuelle et y mettre des mots en utilisant tout le registre du vocabulaire affectif.


3. rechercher

Chaque sentiment est lié à un besoin (considération, reconnaissance …). Il s’agit d’une part de verbaliser ses propres besoins en vue de déterminer les moyens à mettre en œuvre pour les satisfaire et d’autre part, de laisser l’autre agir de même.


4. formuler
Formuler des demandes claires, précises et concrètes afin de satisfaire ses besoins.

Finalement, la communication non-violente mise en pratique au quotidien améliore l’écoute, le respect de soi. Elle prend en compte les sentiments, les besoins et le respect de l’autre dans sa différence.




Explication pratique :


Exemple 1 :(1)
« Ainsi, la mère d'un adolescent pourrait-elle exprimer ces trois points en disant à son fils :
Lorsque tu laisses tes vêtements dans le salon au lieu de les emporter
(1), je suis de mauvaise humeur
(2) car j'ai besoin de plus d'ordre dans les pièces que nous partageons
(3). Pourrais-tu, s'il te plaît, prendre tes affaires et les mettre dans ta chambre ? (4) »


Exemple 2 : (2)
L’exemple s’inspire d’une conversation que Wayland Myers a eue avec un jeune homme qui venait de quitter l'hôpital après avoir été traité pour une overdose dont il avait failli mourir. La discussion touche le programme de réhabilitation pour toxicomanes qu’il s’apprête à suivre dans un autre Etat des Etats-Unis.

W. Myers imagine ici comment la conversation aurait pu se dérouler sans les outils de la communication non violente :

- Il me dit: "Je me fiche de ce que dit l'équipe de réhabilitation. Au bout de quatre mois, je rentre chez moi."

- Je réplique: "Tu plaisantes? Tu as failli y passer!"

- Il reprend, sa voix trahissant une agitation croissante: "J'm'en fiche. Quatre mois, ça suffit."

- J'insiste: "Tu réagis comme l'alcoolique ou le toxico type. Il faut que tout se fasse comme tu le veux et quand tu le veux. Mais si ta façon de faire était si bonne, comment se fait-il que tu aies failli mourir ?"

Il se lève, agitant la tête, la voix empreinte de colère, et dit: "Je me fiche de ce que vous pensez. Vous n'êtes qu'un abruti." Il tourne les talons et quitte la pièce.



Qu'ai-je fait, à la lumière des concepts de la communication non violente?

Je ne lui ai pas dit comment je me sentais, et je ne me suis pas non plus intéressé à comment lui allait. Je suis parti du principe qu'il n'était qu'un dingue, ce qui revient au même que si je l'avais appelé ainsi. Je l'ai étiqueté comme étant alcoolique/toxicomane. La conversation a été brève, du fait que je lui ai répondu de cette manière, et nous nous sommes retrouvés tous les deux encore plus séparés l'un de l'autre, et encore plus peinés qu'avant. Quelle issue déprimante. Or de telles issues sont fréquentes, lorsqu'on essaie de parler d'un sujet à forte charge émotionnelle en utilisant les méthodes de communication habituelles.



Dialogue en communication non violente

La conversation aurait pu se dérouler, en utilisant les outils propres au processus CNV pour me guider :

Il commence: "Je me fiche de ce que dit l'équipe de réhabilitation. Au bout de quatre mois, je rentre chez moi."

Je me sens immédiatement inquiet, et le processus CNV me dit que si je veux me lier à lui de façon tangible et constructive, il est utile que nous parlions tous deux des quatre éléments de base. Je décide de commencer en lui communiquant ces quatre points en ce qui me concerne.

Je lui dis: "Je suis inquiet lorsque je t'entends dire que tu veux rentrer au bout de quatre mois, parce que je souhaite que tu reçoives le plus d'aide possible, et la meilleure qui soit. Peux-tu m'en dire un peu plus sur les sentiments et pensées que tu as, qui te conduisent à dire que tu souhaites rentrer dans quatre mois, quoi qu'en pensent les autres ?"

Le fait de l'entendre constitue pour moi l'événement déclencheur. Je me sens inquiet parce que mon besoin est que les gens dont je me soucie reçoivent tout le soutien dont ils ont besoin pour améliorer leur qualité de vie. Ce que je veux dans l'immédiat est qu'il me fournisse l'un des quatre éléments d'information, à savoir ses sentiments.

Il me répond: "Et bien, je vais simplement rentrer chez moi dans quatre mois. Je me fiche de ce qu'ils disent."

Il n'a toujours rien dit de ses sentiments. J'essaie donc un autre chemin pour parvenir au même but. Je tente de deviner ses sentiments.

Je lui demande: "As-tu peur que l'on te demande d'y rester plus que quatre mois?"

"Oui", me dit-il.

Pour comprendre l'origine de sa peur, la liste de contrôle suggère que je m'infirme de ceux de ses besoins qui sont en jeu.

Je lui demande: "En quoi le fait de rester plus de quatre mois te perturbe?"

"C'est trop long", me répond-il.

Les questions ouvertes ne génèrent souvent pas beaucoup d'information. J'essaie donc une autre approche, en tentant de deviner lequel de ses besoins est concerné.

Je tente cette question: "Est-ce que l'idée de rester plus de quatre mois te fait peur, parce que tu penses que tu te sentiras seul, loin de chez toi si longtemps?"

"Oui, ma famille et mes amis vont me manquer; en plus ce sera l'été, et je ne pourrai pas aller à la plage."

Il semble que son besoin de compagnie et celui d'être dans un cadre qu'il apprécie soient la cause de sa peur, mais je souhaite avoir confirmation de cela.

Je lui demande: "Lorsque tu penses à cette durée de quatre mois, est- ce que tu es inquiet à l'idée que d'ici là, le besoin d'être avec ta famille et tes amis, et de pouvoir profiter de la plage, sera si fort que tu ne peux pas imaginer comment tu vas le supporter ?"

"Oui", dit-il d'une voix plus douce. "Ça m'inquiète beaucoup."

Je cherche alors le quatrième élément d'information : y a-t-il quelque chose qu'il désire de moi maintenant?

Je m'enquiers auprès de lui: "Penses-tu que je puisse faire ou dire quelque chose maintenant, qui t'aiderait à te sentir mieux à ce propos ?"

"Non", répond-il. "C'est juste que je me fais beaucoup de souci. Je ne suis jamais parti de chez moi si longtemps."

Parvenu à ce point, un cycle de communication est achevé. Chacun d'entre nous a pu apprendre les quatre éléments d'information concernant l'autre, tels qu'ils se présentent maintenant, à propos de ce problème spécifique. Je pourrais poursuivre et lui offrir davantage d'empathie pour sa peur, ou je pourrais essayer de voir si nous pouvons trouver quelque chose pour l'aider à gérer cette peur, ou encore lui demander s'il a envie de m'entendre lui décrire les merveilleuses visions de développement personnel et de maturité que j'entrevois qu'il pourra réaliser, s'il suit ce programme de réhabilitation jusqu'au bout. L'important est ceci : les portes de la communication sont ouvertes, et le dialogue peut se poursuivre. »

Wayland Myers



Sources

www.nvc-europe.org
www.mediationfamiliale.be/cnv.htm
www.cnvc.org
www.geocities.com/cnv2003

(1) ROSENBERG, M., Revue « Psychologies », n°181, décembre 1999.
(2) MYERS, W., "Pratique de la communication non-violente", Collection « Pratiques », St Julien-en-Genevois, Editions Jouvence, 1999



.: Les délégués de classe, une participation citoyenne au sein de l’école


Contexte de mise en place

En Communauté Française, le décret « missions » du 14/07/1997 demande la mise en place, dans chaque école, d’un conseil de participation réunissant des élèves, des parents, des enseignants et des partenaires extérieurs.
C’est dans ce cadre que s’inscrit le statut des délégués de classe. Dont les actions ne se limitent pas à cette fonction. En 2001, les annexes de la circulaire vont préciser d’autres niveaux de participation qui sont le conseil de classe, le conseil des délégués et le comité de délégués.

La mise en place de délégués d’élèves dans les écoles tente de prévenir la violence et conflits. En effet, les délégués de classe sont perçus comme favorisant le dialogue entre l’ensemble des élèves et le corps professoral. Ils responsabilisent aussi les élèves à l’importance des pratiques démocratiques qui sont appliquées lors des élections des délégués de classe et prépare les élèves à devenir des citoyens responsables.



Qu’est-ce qu’un délégué de classe ?

C’est un élève qui va représenter sa classe à différents niveaux de la hiérarchie scolaire (auprès des professeurs, du proviseur …). Il est élu par ses condisciples au début de l’année scolaire pour en être le porte-parole.
L’élection est préparée par le professeur titulaire de la classe. Deux élèves sont alors élus, un délégué effectif et un délégué suppléant.

Le délégué de classe va transmettre des propositions émises par les élèves à la direction de l’école et inversement, il apporte un retour de l’information à la classe.

Il va également défendre et soutenir les intérêts des étudiants, notamment sur les questions relatives à l'enseignement, la pédagogie et la gestion de l'école.
Enfin, il va éveiller la participation active des étudiants de son école et leur permettre de se sentir responsables à l’école, comme dans la société.



Le délégué de classe va s’investir à trois niveaux :


- La classe
Le délégué est une personne privilégiée pour aborder les problèmes ordinaires apparaissant en classe avec les professeurs. Il assure le lien avec l’administration de l’école (par exemple lors de la remise des bulletins) ; il veille à mettre en place un système d’entraide entre les élèves (notamment en cas de maladie d’un autre élève), en collaboration avec le titulaire …


- Le conseil des élèves
Après des élections en début d’année scolaire, les délégués de classe composent le conseil d’élèves durant un an.
Le conseil est un espace d’échange privilégié entre les élèves des différents niveaux mais également avec l’institution scolaire. Il permet d’aborder les problèmes de la vie quotidienne de l’école et cherche à améliorer la qualité de vie. Des propositions sont ensuite relayées à la direction de l’école.


- Le conseil de Participation

Le décret de 1997 prévoit la création, dans chaque établissement, d’un Conseil de Participation au sein duquel se rencontrent les représentants des élèves, du personnel, des parents, du personnel ouvrier et administratif ainsi que des membres de droit (chef d’établissement et membres du Pouvoir Organisateur).


Concrètement, le Conseil de Participation vise à travailler sur le projet d’établissement. Les différentes questions abordées peuvent dans certains cas, diminuent les tensions et les violences.

Seuls les délégués de classe peuvent proposer leur candidature pour être présents au conseil de Participation. Ils ont alors un mandat de deux ans.



Que mettre en place pour préparer les élections ?


- Informer les élèves
Il est important de bien expliquer aux élèves le rôle du délégué, ses droits et ses obligations.


- La campagne électorale
Chaque élève a le droit de se présenter comme candidat aux élections. Il prendra soin d’exposer ses motivations.



Le déroulement des élections et les résultats

Les élections se déroulent généralement dans le courant du mois d’octobre. Elles sont organisées le plus souvent par le professeur titulaire de la classe.

Les élections se déroulent en plusieurs étapes :

- les différents candidats se présentent. Jusqu’au dernier moment, un candidat peut s’inscrire aux élections ou au contraire, se désister.
- Un débat est organisé dans la classe ce qui permet à chaque élève de motiver sa candidature.
- Les règles de vote sont expliquées ou rappelées (vote à bulletin secret, pour une seule personne, élection à la majorité absolue ou relative …). Quelques personnes sont désignées pour s’occuper du dépouillement après le vote. En fonction du nombre de candidats, il y aura un seul tour ou bien deux.
- Après le vote, les bulletins sont dépouillés et les résultats sont proclamés.


Si deux candidats ont le même nombre de voix, c'est le plus jeune qui est élu.
Pour chaque délégué de classe, un suppléant est élu sur base du même système de vote.



>> HAUT